Karada – Daruma Daruma

Illustration de l'article Ninjutsu Bujinkan Concept Daruma Daruma

Les classes de dimanche ont été tout à fait intéressantes. La première session a été réalisée par Dai Shihan Noguchi, et nous avons couvert quelques techniques du Jin Ryaku Maki du Ten Chi Jin. Comme toujours, son interprétation était hallucinante. Rien de nouveau mais une compréhension fraîche.

Ces techniques que j’ai apprises avec lui depuis plus de vingt ans et que j’enseigne régulièrement dans mon Dôjô, semblent contenir certains nouveaux secrets cachés chaque fois que j’ai la chance de les refaire au Japon. Comme vous le savez je suis un monstre « Tenchijin » et ces techniques sont toujours pleines d’idées. Pour moi, ces techniques du Jin Ryaku sont exactement comme les Kihon Happô ou le Sanshin no Kata du Ten Ryaku.

Ensuite, il était l’heure de la classe de Sensei. Après avoir séché la sueur et mis un nouveau t-shirt, j’ai vu Hatsumi Sensei arrivé. Sensei a demandé à mon ami José de débuter la classe. José fait une technique contre deux Tsuki se terminant par un Musōdori/Ô Gyaku. Sensei le reproduit en insistant sur « ne pas saisir » et sur l’importance d’utiliser la pointe du coude pour verrouiller l’omoplate. « En utilisant le coude de cette façon », a-t-il dit, « vous pouvez le faire même si vous avez une arme dans la main ».
Il a fait une variante avec le Ninjatō en appliquant un contrôle similaire. Une fois de plus, il a insisté sur l’importance de ne pas onduler ou faire tournoyer inutilement l’épée, mais au contraire de laisser l’épée être positionnée par les mouvements naturels du 躯 Karada, le corps.
Je dois être honnête, c’était facile à comprendre et à regarder, mais presque impossible à faire.
Je suppose que j’ai besoin d’encore dix ans pour atteindre ce niveau.
Nous avons également fait du Bō et toujours avec le même sentiment.

La session de la calligraphie était la bienvenue pour pouvoir nous sécher un peu. Tanaka San m’avait amené un joli parchemin et Sensei l’a utilisé pour dessiner un 達磨 (Daruma). Habituellement je reçois des calligraphies, mais hier il a dessiné un Daruma « avec de la signification » pour moi.
Pour l’avoir vu dessiner des Daruma depuis des années, et même si je ne suis pas un critique d’art, je peux dire qu’à chaque fois il les dessine différemment. En fait, c’est comme un Waza, il donne une nouvelle interprétation chaque fois qu’il peint.
Il m’a beaucoup fait réfléchir et j’ai essayé de relier les points.

Nous connaissons tous l’histoire (légende, mythe) de 達磨 Daruma (aka Boddhidharma), ce moine kalaripayat et guérisseur qui a apporté les arts martiaux aux moines de Shaolin du sud de l’Inde. La légende dit qu’il a médité si longtemps que ses bras et ses jambes sont tombés de son corps, laissant seulement la tête et le tronc.
躯 Karada signifie le corps, mais si vous cassez le son vers le bas dans 幹 kara et 達 da, vous obtenez 幹達 c’est-à-dire « obtenir un tronc accompli ».

C’est ce qu’enseigne le bujinkan. Le bujinkan d’Hatsumi Sensei ne traite pas de techniques simples, mais il est inspiré ou guidé par le divin, afin que nous puissions briller naturellement comme de purs joyaux.
Notre esprit nous oblige à saisir avec les mains et à utiliser la force alors que si nous restions connectés, la Nature le ferait toute seule.
Nous sommes connectés en permanence à la Nature, donc ne faisons rien qui pourrait rompre ce lien « en no Kirinai ».

Arrêtez de penser, arrêtez de saisir. Soyez connecté!

Article de Arnaud Cousergue, Bujinkan Dai Shihan

source : Shiro Kuma’s Blog : article « Daruma Daruma »
Traduction en français par l’équipe du Bujinkan France