Karada, Yari, Ninjatō

Karada

Le cours de samedi (NDT : 25/07/2015) était très intéressant et Hatsumi Sensei était de très bonne humeur. Nous étions seulement 40 élèves et nous avons eu quelques pauses en raison de la forte chaleur.
Ce cours a été un des meilleurs depuis longtemps. Très technique, très haut niveau et très profond philosophiquement. Dans ce post, je ne traiterai que de la partie Waza, les aspects philosophiques seront traités dans un futur post.

Nous avons fait du Taijutsu, du Yari Jutsu, et du Ninja Biken.

Sensei a commencé en Taijutsu avec une sorte de Sanken à l’arrière de l’oreille, du cou et de la gorge, après une fausse saisie au niveau de la poitrine par Tori. Doux, puissant et très douloureux.

Nous avons aussi fait un contrôle progressif de la main qui attaque. Nous devions absorber le Tsuki avec la main comme, nous a-t-il dit, “en réceptionnant une balle de baseball“. Il s’agissait d’entourer et rediriger le poing, tout le corps ne bougeant que très peu, mais c’était le corps qui absorbait la frappe via le fait d’envelopper la main.

En m’y entrainant et en me l’ayant fait faire par Sensei, cela ressemblait au Taihen Jutsu de 1998. Bien que le Shinden Fudō ryū soit un système de combat de Daken Taijutsu, nous l’avions utilisé pour découvrir le Taihen Jutsu.

Alors, et comme cela est maintenant connu, nous avons ensuite enchainé sur le travail des armes longues.

Dimanche, c’était Yari.

Contre un Tsuki, on dévie la Yari en avançant d’abord vers la gauche et dans un second temps, en utilisant un mouvement de rotation de tout le corps pour chasser l’arme. Uke est totalement déséquilibré par la puissance du contrôle (ne pas frapper la Yari, faire coïncider les armes).
Comme je l’ai expliqué dans mon précédent post à propos du cours de Senō Sensei, il a insisté sur Tsunagari (connexion) et Awaseru (faire correspondre). La vitesse de l’attaque ne compte pas tant que de bouger ses jambes en premier. Cela vous protège de l’attaque et place Uke dans un angle parfait pour être contré par un balayage avec le Hirumaki (1) ou en portant l’estoc avec la lame.

Sensei a aussi parlé de l’application du Kama Yari 鎌槍 (2). Il a expliqué que la partie en faucille de la Yari permet de crocheter le poignet ou le cou. Vous pouvez même “rater“ le Tsuki à la tête et alors attraper le cou avec le Kama en tirant vers vous. Chaque mouvement était fait avec les jambes, la Yari suivant les mouvements du corps. Tout était connecté.

Nous avons ensuite fait la même technique avec le sabre Ninja. Comme ce fut le cas au mois de mai dernier, Sensei a commencé avec un Seigan No Kamae bas, pointant vers les genoux de l’adversaire (3). Ensuite il avançait devant et vers la droite et levait ses bras pour intercepter la coupe de Uke au niveau des avant-bras.

Ce n’était pas une coupe mais simplement une frappe. La raison à cela, a-t-il expliqué, est que le Ninja Biken est Mijikai 短い, court. Donc, le mouvement du sabre est modifié et il doit être utilisé plutôt comme une barre métallique. Il a insisté plusieurs fois sur le fait que le Ninja Biken est Mijikai.

En se protégeant avec la lame supportée elle-même par le corps, la lame est à un angle de 45°, la pointe vers le bas. La première partie de la technique était douce, comme si c’était l’élan de Uke qui faisait le travail pour vous. Alors Sensei pivotait légèrement autour de la lame (ses hanches et la lame étant parallèles) et frappait sur le Kote de Uke (4).

Ce que j’en ai retiré :

  •  les jambes bougent toujours en premier
  •  ce sont les jambes qui coupent ou qui frappent
  •  nous devons bouger de façon illogique
  •  nous devons faire correspondre les armes en douceur (awaseru)
  •  nous devons créer une connexion (tsunagari)

Il a aussi beaucoup parlé du “pouvoir divin”, Kami Sama, et Monju Bosatsu. Je détaillerai tout cela dans un prochain post.

Notes :
(1) Photo de Ishizuki ou hirumaki sur Wikipedia
(2) 鎌槍 / faucille + Yari / lance avec une ou plusieurs lames incurvées sur le côté.
(3) Lire à ce sujet le post « Roppô Kuji No Biken ? Encore ?
(4) Kote / 小手. L’avant-bras et non le poignet

Article de Arnaud Cousergue, Bujinkan Dai Shihan

Source : Shiro Kuma’s Blog : article « Karada, Yari, Ninjatō »
Traduction en français par l’équipe du Bujinkan France