Le Katana n’est pas pour les débutants

katana

On entend souvent que le Katana n’est pas pour les débutants. À l’évidence, lorsque vous commencez à vous entrainer, le faire avec un sabre métallique vous apportera certainement plus de problèmes que de solutions.

Mon conseil est de limiter l’usage des armes métalliques aux élèves ceintures noires ou aux Shidōshi.

J’utilise de vrais sabres depuis les années 90 et je me suis coupé un certain nombre de fois, bien que ce fût toujours sans gravité.
Ce que je veux dire par là, c’est que même lorsque vous êtes un pratiquant expérimenté, il y a toujours un risque d’être coupé en utilisant de vraies armes. Une arme est une arme, et elle ne sait pas si vous êtes un gentil ou un méchant.

Dans mon Dōjō, je préfère que les élèves utilisent des armes souples ou des armes en bois. C’est ainsi plus sûr pour leur pratique.

J’attends des élèves qu’ils aient avec eux trois différents types de sabres, chacun de ces 3 sabres étant destiné à certaines situations et exercices.

Chaque arme a ses avantages et ses inconvénients.
Revoyons-les ensemble.

1. Les armes souples

Elles sont idéales pour apprendre les Waza avec un partenaire.

Point positif : vous pouvez les déplacer lors de votre échange avec votre adversaire.

Point négatif : les armes souples sont souvent rondes (diamètre), ce qui empêche de savoir où se trouve la partie tranchante. C’est le principal inconvénient dans l’utilisation des armes souples.

Note pour l’entrainement
Faites toujours coïncider les types d’armes pour éviter les accidents : bambou contre bambou, mousse contre mousse, plastique contre plastique. Les résistances de vos armes doivent correspondre.

2. Les armes en bois

Elles sont idéales lorsque vous avez besoin de sentir le momentum de l’attaque, la qualité du contre, ou la qualité du blocage.

Point positif : le poids de l’arme développe la conscience du momentum. Et dans la mesure où le boken est taillé comme une vraie lame, vous savez où se trouvent la partie tranchante, le côté et l’arrière de la lame.

Point négatif : vous pouvez écraser vos doigts ou ceux d’Uke. Lorsque j’ai commencé, cela m’est arrivé de nombreuses fois. Honnêtement, je pense que c’est inutile car cela ralentit la vitesse de l’échange avec le partenaire.

Note pour l’entrainement
Utilisez une Tsuba pour protéger les doigts. On ne fait pas de l’Aikidō.
Ajoutez un fourreau pour apprendre les Nuki Gatana.

3. Les armes métalliques non coupantes

Elles sont idéales puisqu’elles ont le look et le ressenti d’un vrai sabre.

Point positif : le poids est correct et vous apprend à ne pas exagérer vos mouvements (momentum, équilibre).
Par ailleurs, le Sori (la courbure de la lame) apporte beaucoup lorsque l’on fait les techniques.
Le fourreau devient une partie de l’art du bretteur.

Point négatif : même si votre arme n’est pas aiguisée, un Tsuki pourra blesser votre partenaire.

Note pour l’entrainement
Évitez d’acheter un sabre pas cher, ils sont très souvent mal équilibrés.

Pour les pratiquants avancés, si vous achetez un vrai sabre, assurez-vous que ce n’est pas un sabre d’un design moderne destiné à la coupe. Si ces sabres coupent si bien, c’est parce qu’ils ont été modifiés par ajout d’un poids supplémentaire à l’extrémité de la lame. Cela ne vous apprendra donc pas la façon correcte d’utiliser un sabre japonais. Il faut également considérer que l’achat d’un vrai sabre représente financièrement l’équivalent de plusieurs voyages au Japon.

Le titre de cet article est “Le Katana n’est pas pour les débutants”.
J’ajouterais que le Katana n’est pas fait pour l’entrainement, peu importe votre niveau technique.

Il y a un autre point à garder à l’esprit. Une vraie lame doit être entretenue. Au début de mon entrainement dans le Bujinkan, j’avais un excellent ami qui était polisseur professionnel au Japon. J’ai passé beaucoup de temps avec lui dans sa boutique Shintō (cet endroit est comme un temple). Là-bas, j’ai pu toucher et tenir en main des douzaines de vraies lames. Lorsque vous avez un véritable sabre japonais, il faut, chaque année ou presque, l’emmener chez le polisseur et payer quelques centaines d’euros ou de dollars pour le faire affûter, faire retirer la rouille et le faire réaligner.

Maintenant, si vous voulez en avoir un, faites-le. Mais cela signifie que vous risquez, pendant un certain temps, de ne plus pouvoir aller au Japon pour vous entrainer avec Sôke.
Est-ce que ça vaut le coup ?

Article de Arnaud Cousergue, Bujinkan Dai Shihan

Source : Shiro Kuma’s Blog : article « Katana Is Not For Beginners »
Traduction en français par l’équipe du Bujinkan France

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