Pas de Waza, pas de Henka

waza bujinkan

Avec Nagato Sensei couvrant le Takagi Yoshin Ryū et Noguchi Sensei le Koto Ryū, les cours du mercredi (NDT : 23/07/2014) étaient plutôt intenses.

À chaque fois qu’ils montrent un Waza (supposément connu) de tel ou tel Ryūha, je me sens comme un débutant tant la forme qu’ils nous enseignent est différente des formes que j’ai apprises (avec eux) pendant ces dernières années. Comme Duncan l’a fait remarqué aujourd’hui, Noguchi et Nagato Sensei sont Dai Shihan et c’est ce qui est à attendre d’un tel niveau.

Hier après le cours de Noguchi Sensei, je suis allé lui parler de ces différences dans son interprétation d’une même technique. Il m’a expliqué qu’une fois que l’on connaît bien un Waza, il est aisé de changer sa forme tout en conservant le même Kankaku (esprit/feeling). Mais il a aussi ajouté que de nombreux instructeurs dans le Bujinkan ne faisaient que des variantes alors qu’ils ne connaissaient pas le Waza original. « C’est étrange », a-t-il ajouté, « comment peuvent-ils faire une variante de quelque chose qu’ils n’ont jamais étudié ou compris ? »

Et c’est un des principaux problèmes rencontrés actuellement dans le Bujinkan. De nombreux visiteurs au Japon copient ce qu’ils voient Hatsumi Sensei ou les Shihan faire. Mais n’ayant jamais étudié de manière personnelle à la maison les formes fondamentales, ils ne font que mimer ces mouvements. C’est vide.

J’avais un oncle qui n’était pas peintre mais qui copiait des chefs-d’œuvre de Dali, reproduisant chaque centimètre carré. Le résultat était impressionnant. Mais il ne se disait pas qu’il savait peindre comme lui (je l’espère).
En copiant le Omote, vous n’êtes pas capable de saisir l’essence du Waza. Les Waza ont été conçus pour être simples, et ce afin que des enfants puissent les reproduire. Mais « si vous les utilisez tels quels dans un combat réel, vous mourrez » (Cf Hatsumi Sensei). C’est la raison pour laquelle il y a toujours un Kuden expliquant la signification plus profonde de la technique.

Chaque Waza est en fait un résultat, et non pas un processus étape par étape. Votre entrainement consiste ainsi à recréer les conditions qui rendent ces Waza possibles. Tant que vous vous contentez de reproduire les étapes, vous ne l’avez pas. Jissen n’a rien à voir avec Embu (la démonstration de l’art martial).

La prochaine fois que vous vous entrainerez ou que vous enseignerez, s’il vous plaît prenez du temps à essayer de comprendre la forme basique du Waza. Vous verrez que votre Taijutsu s’améliorera grandement.
L’Excellence, ce n’est pas collectionner les techniques. L’Excellence, c’est “être” la technique. Et une fois que vous êtes la technique, oubliez-là tout simplement.

Cette année (NDT : année 2014), nous avons étudié Shingin Budō mais peu nombreux sont ceux qui peuvent atteindre ce niveau à cause du manque de connaissance des bases. Apprenez les bases pour que vous soyez capable de créer des variantes par la suite, et non pas avant.

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi les Shihan, lorsqu’ils enseignent, lisent les techniques qu’ils pratiquent et enseignent depuis près de 50 ans ?

Article de Arnaud Cousergue, Bujinkan Dai Shihan

Source : Shiro Kuma’s Blog : article « No Waza, No Henka »
Traduction en français par l’équipe du Bujinkan France

🌟🌟 Paris Taikai 2016 🌟🌟
Avec Sveneric Bogsäter, Peter King, Pedro Fleitas et Arnaud Cousergue.
Profitez des tarifs « Old Bird » jusqu’au 13 juillet
Bujinkan Paris Taikai 2016