Simplicité : le Omote de Shizen

Illustration de l'article Ninjutsu Bujinkan Simplicité - Omote de Shizen

En français, nous avons un proverbe qui dit « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ».
Nous l’employons souvent quand nous sommes face à des situations qui complexifient inutilement des choses simples. Je pense souvent à ce proverbe quand j’observe les pratiquants en train de reproduire un mouvement que je viens de faire.

Ninjutsu Bujinkan concept : Simplicité – le Omote de Shizen

En japonais également il existe un terme pour « simplicité et complexité » qui est 繁簡, hankan. De manière assez curieuse, cela se lit comme 反感, hankan qui signifie : animosité, aversion ou révolte. Pour survivre à un combat, vous devez être détendu et bouger avec simplicité.

Les mouvements du bujinkan sont basés sur des principes simples et non pas sur des formes figées et complexes. L’objectif est de nous donner une marge de liberté pour que nous puissions trouver la solution adéquate face à une situation imprévue. Quand nous entrons dans un mode d’action de survie, il n’y a plus que les choses simples qui restent à disposition. Le stress engendré par une attaque soudaine fait que le cerveau se fige et il n’est alors plus possible de penser ou d’analyser.

Seule la simplicité – 質朴 (shitsuboku) – fonctionnera parce que c’est naturel, simple et que l’on n’a pas besoin d’un esprit conscient derrière tout cela pour pouvoir passer à l’action.
Au contraire, la complexité -複雑性 (fukuzatsusei)- est le résultat d’un processus de pensée et ne vous conduira nulle part, si ce n’est peut-être à votre propre mort.

Pour pouvoir accéder à la simplicité, il vous faut vous y entrainer sur le tatami. Et cet entrainement se fait par la longue répétition des bases du Bujinkan. Une fois que les bases sont enracinées, le corps et l’esprit sont unis, et nos mouvements se font sans réfléchir et de la manière la plus simple.

Quand les pratiquants essayent de reproduire un mouvement, ils le font la plupart du temps de manière très compliquée parce que leurs capacités sont entravées par leur manque de solides bases. Quand les bases sont maîtrisées, le corps se déplace avec simplicité et s’adapte librement à la situation qui se présente.

Les prochaines fois que vous vous entrainerez, essayez de trouver la manière la plus simple de faire les choses. Et rappelez-vous ce kaname :

Un mouvement simple ne demande ni force, ni puissance.
Un mouvement simple est sans tension et ne peut être préconçu.

« Shitsuboku » mène à la maîtrise, « fukuzatsusei » ne mène nulle part.

Article de Arnaud Cousergue, Bujinkan Dai Shihan

source : Shiro Kuma’s Blog : article « Simplicity: The Omote Of Shizen »
Traduction en français par l’équipe du Bujinkan France

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